Andante

Definition française : Adv. Selon un tempo modéré
Définition espagnole : Adj. Errant
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dimanche 1 mai 2011

Iguazu

Iguazu est un site internationalement connu pour ses fabuleuses chutes d'eau. Situé entre l'Argentine et le Brésil, Virginie qui y était déjà allé a convaincu Guillaume : on va y jeter un coup d’œil!
Au lieu de commencer par les cascades comme des gens normaux, on commence par un sentier de quelques km pour faire monter la pression et pour faire connaissance avec la forêt tropicale humide locale que nous retrouvons enfin (on l'avait quittée au Pérou il y a de cela fort longtemps!). On se fait plaisir en observant toucans, trogon, coucous, pics et une troupe de singes qui se pavanent juste devant nous pour notre plus grand plaisirs. On se régale à les voir évoluer dans les arbres avec leur 5 membres (la queue est préhensile!).


On observe nos premiers coatis, animal étrange, très curieux et opportuniste : dès qu'on froisse un bout de plastique ils arrivent tous à nos pieds. Les touristes les ont bien dressés à leur donner des chips et autres dégueulasseries humaines et ils ont parfaitement associé ce bruit à de la nourriture facile...un peu navrant. D'autant plus que les ptits ont le même reflexe...a croire que leur mère les nourissent au lait en poudre de chez Nestlé !

Et puis ça y est, c'est l'heure d'aller voir ces fameuses chutes d'eau. Et effectivement c'est un spectacle époustouflant. Ça ne sert pas à grand chose de décrire de l'eau qui tombe...les photos pourront éventuellement vous évoquer un peu de la magie du site mais c'est du "son et lumière" interactif (on est complètement trempé quand on passe à certains belvédères, ce qui est agréable vu la chaleur tropicale qui règne ici). Bref on balade parmi les passerelles, aménagement plutôt bien réussi et intégré. Toutes les perspectives sont belles et on ne se lasse pas une seule seconde de déambuler face à ces cascades. En plus de ça, l'ambiance est magnifique, avec une multitude de papillons (Guillaume n'en a sans doute jamais vu autant de différents sur un même site, c'est dire!), un gros serpent, plein d'oiseaux, une végétation luxuriante...bref un magnifique endroit.

Évidemment dans ce genre de lieu magnifique et facilement accessible, les touristes se pressent en masse, ce qui peut éventuellement gâcher le plaisir. Mais finalement on arrivera à faire abstraction...sauf quand 3 groupes d'environ 40 personnes chacun décident de se faire prendre en photo devant les chutes juste devant le banc où on venait de s'arrêter pour casser la graine. Et aux abords des restos, les coatis pullulent : ils préfèrent le chocolat et les galettes, aux larves de coléos.
La journée passe et on veut la finir en beauté par la Garganta Del Diablo, c'est un peu comme une chasse d'eau mais en plus gros. pour s'y rendre on prend le petit train touristique sur 2 ou 3 km. Le spectacle de cette Gorge du Diable est pour nous le plus impressionnant car on est vraiment a coté de cet énorme chiotte (on a les images qu'on peut!). Du coup, on se prend des embruns qui nous trempent jusqu'aux os en deux secondes et le Dolby Digital Surround Strereo est vachement au point.

Mais c'est pas tout ça et il va falloir rentrer quand même. Pas d'bol on loupe le petit train qui nous ramène au centre et le prochain part dans une demi heure. Pas grave, on va faire la marche le long de la voie ferrée, on est plus a ça près.



A peu près à la moitié du chemin, Virginie interrompt brusquement Guillaume :"-Regarde !"
En même temps qu'elle dit ça elle réalise que la grosse bestiole qu'elle vient de voir à 40mètres devant nous n'est pas un mouton comme son cerveau a bien essayé de lui faire croire, mais un jaguar. Guillaume, lui, réalise immédiatement que c'est un jaguar qui vient de passer sur la voie ferrée et disparaître dans la forêt. Ça n'a duré que 2 secondes mais le rêve de Guillaume vient de se réaliser, voir un félin sauvage dans son milieu. Il est un peu tout fou et embrasse Virginie qui, un peu plus prudente, commence déjà à sortir le petit feuillet qu'on nous a donné à l'entrée du Parc "Que faire si vous rencontrez un jaguar?". Manifestement faut pas lui tourner le dos, faut le regarder dans les yeux et faire des grands gestes et du bruit.
Juste après avoir vu l'animal, un train est passé dans le sens inverse. Il a dû s'éloigner maintenant. Virginie propose de rebrouser chemin, l'idée de passer sur les traces du jaguar ne l'enchante pas. Mais Guillaume est assez serein et rassure Virginie, ça fait 30 ans qu'on lui dit que les animaux ont peur de l'Homme, ça doit être vrai et il doit être loin maintenant!...Mais il sort quand même machinalement son appareil photo "au cas où" et Virginie continue de lire le feuillet pour se rassurer !
Bien sûr, on n'a pas marché 30 mètres qu'on entend du bruit dans les fourrés, vraiment pas loin de nous...un peu comme si un jaguar se baladait dans les taillis...
Et évidemment la (très) grosse bête ressort à peu près là où on était y'a 30 secondes, s'immobilise a coté de la voie ferrée et nous regarde. Tout en reculant doucement, Guillaume prend le temps de faire 2 photos à la volée et de remarquer qu'il a un collier émetteur . L'information n'intéresse pas du tout Virginie qui s'est déjà bien éloignée en faisant des grands gestes et en faisant du bruits du genre "Guillaume dépêche toi, je crois qu'il a bougé!". A ce moment là, Guillaume n'est plus du tout serein et se presse de rejoindre Virginie sans jamais tourner le dos à l'animal. On s'éloigne tout en continuant a faire des grands gestes mais on a vraiment l'impression de lui faire "Coucou, on est là!"...En tout cas, lui, donne l'impression d'être intrigué par ces deux zigotos gesticulant. On finit par disparaître de son champ de vision, et donc lui du notre ; ce qui fait du bien car c'est pas évident de soutenir le regard d'un jaguar, croyez-nous! Lui n'aura finalement pas bougé.
A ce moment là on accélère le pas tout en regardant régulièrement derrière nous. Virginie peut enfin laisser les émotions sortir. Après avoir parcouru une bonne distance, Guillaume regarde les photos : y'en a une qui est toute floue, mais l'autre...ce sera sans doute l'une des meilleurs photos de toute sa vie!
Arrivés enfin à la petite gare, on informe immédiatement les gens du Parc. Ils semblent prendre la chose avec une relative légèreté. Mais la photo semble faire son petit effet et ils passent quelques coups de talkie-walkie : on est expressément invités à aller voir les gardes-parcs. Il faut donc continuer à marcher sur cette voie ferrée. Malgré l'affluence de touristes qui nous entourent désormais, on a du mal à ne pas regarder tout autour de nous au moindre bruit.
Finalement les gardes-parcs nous apprendront que c'est exceptionnel de voir un tel animal, qui plus est à cette heure de la journée et dans un site aussi fréquenté. L'an dernier ils ont marqué 5 individus dont le notre (de nuit et avec des chasseurs professionnels !), ce qui explique la présence du collier. On a demandé s'ils pouvaient nous donner quelques information sur cet individus...on attend encore.


(photo brute au 300mm, non recadrée)


Vous l'aurez compris, cette rencontre a été le moment le plus intense de notre voyage. Ca restera notre seul sujet de conversation pour les jours suivants. Pour Virginie, il aura fallu un peu de temps pour que ce moment très spécial se convertisse en un bon souvenir. Pour Guillaume, vous connaissez le bonhomme...

vendredi 8 avril 2011

Esteros del Ibera

Nous revoila en Argentine après avoir traversé l'Uruguay. Pas facile de se rendre dans cette réserve mais on a la chance de rencontrer deux allemandes qui ont le même projet, du coup on peut se permettre de louer un 4x4 pour pas trop cher et éviter d'attendre une journée entière dans un bled pas forcément intéressant. Bref nous voila en voiture , et on s'approche de Pellegrini, un petit village perdu au milieu d'une region humide incroyablement grande. Première bestiole bizarre : un Capibara qui traverse la route. Cet animal est le plus gros rongeur au monde...un rat de 80 cm au garot! Mais trop mignon...L'emblème des zones humides d'Amérique du Sud. Un peu plus loin c'est une grosse araignée, genre tarentule de bonne taille que nous eclairons dans les phares. Enfin en arrivant aux quartier des Gardes-Parcs, on apercoit un chat de Geoffroy. Il est tranquille, une femelle semi-domestique d'après notre chauffeur, et d'une beauté prodigieuse. On espère pouvoir le revoir le lendemain, de jour.
On arrive vers 23h dans une petite "Posada" pas chère et on s'endort bien vite après un plat de pâtes bien mérité...

Le lendemain matin Guillaume se lève aux aurores pour profiter le plus possible des richesses des environs. C'est qu'en deux petites heures de balade il aura vu un nombre incroyable d'oiseaux, des Capibaras, des cerfs des marais, pleins de papillons et des nuées de libellules. Cerise sur le gateau : des caimans pointent le bout de leurs longs museaux plein de dents dans le moindre marais... On refait la balade tous ensemble et on rajoute des singes hurleurs, une autre espèce de cerf, d'autres espèces d'oiseaux, un serpent, de très jolies araignées, des papillons morphos...le paradis quoi! En plus on revoit notre chat de Geoffroy...et ses deux petits! Aussi familiers que des chats domestiques mais avec ce petit air de panthère qui les rendent extraordinaires. L'une des plus belles choses au monde pour Guillaume...

On enchaîne directement par une sortie en barque. Au programe : un anaconda (seulement 1m50 mais déjà bien musculeux!) des bébés anacondas qui font peur a Virginie, plein de caimans (des bébés de 15cm a des gros individus de près de 2 m) que l'on peut approcher de près, des Jacanas (sorte de poules d'eau qui possède d'immenses orteils lui permettant de marcher sur la végétation aquatique flottante)...et une ambiance incroyable. Les scènes de vie sauvage, entre les familles de Capibaras, les cerfs qui paissent et les caimans qui se dorent au soleil, sont magnifiques.

Pas de temps à perdre puisque demain on repart : dès la nuit tombée on part en excursion pour observer la faune nocturne. On devait le faire en barque puis a pieds mais finalement on se contentera d'une excursion en camion...Il n'empêche qu'on voit deux espèces de tatous, des viscaches de plaine et quelques oiseaux nocturnes. On rentre tard après s'en être vraiment mis plein la vue en une seule journée!

Le deuxième jour Guillaume refait la même balade que la veille et redécouvre sensiblement les mêmes beautés...sans s'en lasser! Finalement on part avec un autre 4x4 pour Posada d'oú on attrappe un bus qui nous conduit a Puerto Iguazu.

On ne savait pas trop á quoi s'attendre au cours de ce petit arrêt dans cette réserve, et on n'a vraiment pas été décus! Pas excessivement touristique (surtout en cette saison) et une nature exhubérante, un très joli coin à recommander!

Buenos Aires

Nous voila dans l'immense capitale Argentine. Dans ce pays, 1 habitant sur 3 habite ici. Et nous, on se retrouve au milieu de tout ce monde. Guillaume abandonne vite la gestion du séjour a Virginie qui est toute contente de retrouver cette ville oú elle y a déjà passée 5 mois...il y a 5 ans de cela.

La chaleur et l´humidité nous scotchera litteralement au sol et on ne s´attardera pas trop pour trouver un hotel. Mais quel hotel !!! Mi-hotel de passe, mi-habitat precaire, on y trouvera une petite chambre très economique non loin des toilettes, ou Virginie demandera a Guillaume de l´accompagner a chaque fois qu´elle en aura besoin. Les regards un peu suspects des hommes ne la rassurent qu´a moitié !

Pour ne pas trop effrayer Guillaume, Virginie lui propose de commancer par la visite de la reserve naturelle de Puerto Madero, ou les oiseaux en abondance le tranquiliseront pour trois prochains jours.

Le lendemain, nous changerons de quartier pour partager la chambre de Guillermo (rencontre sur coushsurfing) avec 3 autres personnes (deux colombiennes et un americain)...le tout dans la grande maison de ses parents qui n´ont l´air d´être qu'a moitie au courant de ce qu'il se passe dans la chambre de leur fils ! L'ambiance y est agreable, bonne premiere experience de coushsufing.

Nous visitons la gande ville de Buenos Aires et ses musees, et avec un brin de nostalgie Virginie emmene Guillaume dans tous les recoins de la ville : "tu vois c'est dans ce resto que je mangeais souvent, c'est ici qu'on y boit la meilleure bière, dans ce jardin j'y allais pour mon jogging, ce marché artisanal je l'ai pillé de nombreuses fois et ce musee je l'adore on y trouve les peintures de Berni...".

Bref, Guillaume dit avoir usé ses semelles jusqu'au sang et Virginie est contente de revivre un bref instant son experience a la capitale. Notre sejour prend fin un peu plus tôt que prévu, on doit rejoindre la Coronilla en Uruguay pour demarrer un volontariat d'une dizaine de jours avec l'association Karumbe.

On retrouvera avec plaisir Mathieu et Sandrine, de retour de leur periple en stop depuis Ushuaia, avant notre départ imminent pour l'Uruguay.

jeudi 7 avril 2011

Tierra del Fuego

Apres quasi 8 jours aux Torres del Paine, nous voila de retour a la civilisation de Puerto Natales...ses chambres au sec et sa laverie (nos vêtements en avaient vraiment besoin!). Maintenant qu'on est tout beau tout propre, on peut continuer vers le sud : Voyage en stop rapide et efficace jusqu'a Punta Arenas ou nous trouvons un petit hotel sympa et pas cher (Le Blue Hotel). On fait un petit tour dans le centre ville, ce qui nous mène jusqu'au bord du détroit de Magellan...derrière c'est la Terre de Feu qui nous appelle.

Le lendemain on part avant l'aube pour gagner l'embarcadère qui va nous conduire a Porvenir, petite ville peu touristique située en Terre de Feu et rapidement accessible depuis Punta Arenas. La traversée dure 1 grosse heure et demie. La traversée du Détroit de Magellan nous fait vibrer, surtout vers la fin : des dauphins austraux viennent jouer avec le bateau jusque dans le port. On peut dire qu'ils savent accueillir dans ce pays!
Nous voila donc dans la petite ville de Porvenir, point de départ pour découvrir la Tierra del Fuego. Avant toute chose : manger! On trouve un petit resto qui nous propose une soupe de fruit de mers (Casuela de Mariscos) delicieuse, avec plein de coquillages qu'on avait pas encore eu l'occasion de gouter...un régal! On est dorénavant prêt à affronter le stop a la sortie de la ville. On a decide de visiter l'île par ce moyen de locomotion, pour se laisser porter un peu par l'imprévu. Et pour ca on a été gâté! On commence à tendre le pouce vers midi. Deux autres "mochileros" finlandais nous ont précédé...il faudra attendre que quelqu'un les prennent d'abord! On s'installe donc sur la route et on attend...
5 heures plus tard, alors qu'on n'a pas vu passer une voiture susceptible de nous prendre, Virginie a la bonne idée de se renseigner a l'office de tourisme : y'a un bus qui part dans 15 minutes! On l'attrappe de justesse en compagnie de nos deux finlandais et on part pour une petite ville à deux heures de route au nord de l'île. Les paysages de pampas défilent devant nous jusqu'au petit village de Sombrero et on en profite pour discuter avec les locaux : on a du mal a se comprendre mais on rigole bien ! On trouve une petite pension pour tous les deux et on s'ecroule devant le premier film débile venu (La télé a ses avantages!).

Le lendemain on a le choix entre repartir sur le continent direction Buenos Aires ou de rejoindre plus au sud Ushaia. On decide de ne pas abandonner la terre de feu si vite et on se remet en stop pour descendre : direction Ushuaia (difficile d´y echapper !). Une petite camionnette de travailleurs nous amènent jusqu'à la frontière chilienne. Puis des camions nous conduisent jusqu'à la frontière argentine (15 km plus loin!). Là, l'attente s'eternise dangereusement jusqu'à ce que un couple très affable nous amène à Rio Grande. Ville pas très attirante, on se remet en route ! Un gars et son fils nous emmènent à la petite ville de Tolhuin qui a l'air sympa. Le paysage change : on quitte la pampa pour des forêts de Nirre (hêtre austral) et des lacs. On hésite à s'arrêter là mais on est plus si loin d'Ushuaia, et apres tout on n'est que des touristes : on décide de continuer! On a de la chance car c'est un jeune homme adorable qui nous prend avec lui, nous parle de la région, s'arrête a un joli point de vue et nous conduit jusque dans le centre de la celebrissime Ushuaia.

Les jours qui suivent alterneront entre repos (Virginie se refait une bonne pharyngite), visite du centre touristique, grosses bouffes qui font plaisirs avec Mathieu et Sandrine qui nous ont rejoint et Claire et Pilou qui arrivent d'Asie. Une petite balade quand même le long de la côte et du canal de Beagle pour avoir une vue sur la ville et les montagnes enneigées qui ont les pieds dans l'eau. La région est vraiment jolie et on comprend pourquoi une celèbre émission de télé et une marque de shampoing aient choisi Ushuaia comme nom...(On ne peut pas toujours avoir des pensées belles et profondes en tête!)


Mais la farniente n'a qu'un temps et les horizons nouveaux nous appellent : On se remet en route et nous voila le pouce tendu a la sortie de la ville pour notre plus gros défi en matière d'auto-stop : remonter le plus loin possible jusqu'à Buenos Aires...

Après une petite heure un gars nous prend en compagnie d'une sympathique allemande jusqu'à Tolhuin. Nous revoila au même endroit que quelques jours auparavant, mais de l'autre coté de la route. On va se mettre un peu plus loin et notre allemande va demander a la station service. une demi heure plus tard, un pick-up s'arrête avec notre amie à l'arrière : "montez!" Et on se retrouve a trois a l'arriere de la bagnole, cheveux aux vents, pendant une grosse heure, jusqu'a Rio Grande. On prend un taxi pour aller a la sortie de la ville et on recommence à arrêter les voitures. Ca dure suffisamment longtemps pour qu'on commence à se poser des questions du genre "Est-ce que je crois vraiment au genre humain?" ou "Est-ce qu'on devient forcément egoiste quand on est au volant d'une voiture?". En plus on est quatre maintenant au bord de la route : une fille genre "bimbo" egarée est arrivée... Coup de chance, un chauffeur de mini-van privé a pitié de nous et nous prend tous les quatre. On se rend compte que la "bimbo" est une italienne qui voyage à la roots depuis 10 mois à travers toute l'Amérique latine...et qui arrive a rester propre sur elle...et maquillée! Notre chauffeur nous dépose tous a 15 km de la frontière. Nous deux on se met en marche en se disant qu'on pourra arriver au poste de frontière vers 22h...Eh oui il est déjà 17h et on n'a fait que 300 bornes. Les 3000km jusqu'à Buenos Aires nous paraissent délicat à atteindre! Mais un autre coup de bol se produit : un camion de travailleurs s'arrête et nous prend successivement, notre allemande, notre italienne et nous. Et nous voila rendu a la frontière. Ce n'est pas énorme mais c'est déjà pas mal et surtout, il y a une petite salle où on peut passer la nuit!
On continue quand même à essayer d'arrêter les voitures sans trop y croire : la nuit va plus trop tarder à tomber et la prochaine ville est a plus de 300km dont 200 sur du gravier...

(La suite dans le prochain episode intitulé "La remontée fantastique jusqu'à Buenos Aires")

mercredi 6 avril 2011

Sylvain en solo

Changeons un peu de protagoniste : maintenant c'est Sylvain qui parle, histoire de donner un autre point de vue. Il nous a quitté El Calafate : lorsque nous sommes parti aux Fitz Roy, il est retourné vers les montagnes du nord au-dessus de Bariloche, pour vivre son voyage á lui...et taquinner quelques truites.


"Après vous avoir quitté et grâce à une organisation aux oignons (je me suis épaté tout seul), je suis arrivé à destination plus tôt que prévu (Youpi !), pour poser mon campement au bord de la Chimehuin (Re Youpi !). Je ne voulais pas prendre de voiture pour que ce soit vraiment l'aventure. Mais ça m'a gavé au bout d'un jour, je suis tombé sur la Sorgue : des baigneurs, des kayaks (bon OK, j’exagère un peu), et pas trop moyen de bouger... J'ai déchanté ! "Enfin quoi ?!??!!! C’est pas ça la Patagonie !"

Donc je suis parti en bus chercher une voiture. Pas trop cher en plus… mais pourrie. Et j'ai découvert des coins reculés que je n’aurais jamais pu voir sans ma petite auto. Mention spéciale à la Boca Del Chimehuin (pour les truites, l’eau incroyablement translucide à dominante turquoise, et parce que… c’est beau), au Rio Malléo dans la zone mapuche (Pour les mapuches et les paysages vraiment grandioses), et « Yellow Bridge » (pour LE souvenir de pêche et les pehuéns)…. Tout ça avec en toile de fond l’imposant volcan Lanin que l’on peut apercevoir de quasi partout. C'était des trucs de fous. Sur la Malléo j'avançais en voiture et je n'arrivais pas à m'arrêter tellement c'était fantastique (pas su le rendre en photo... un peu déçu). Je me disais que même si je n'attrapais aucun poisson, ça m’était égal, car j'étais déja trop bien là-bas sans même avoir mis les pieds dans l'eau. En plus : personnes à part quelques rares pêcheurs... Et encore, pas de partout. Ca donnait vraiment l’impression d’être un explorateur. J’en étais loin bien sûr, mais je n’avais jamais ressenti ça à ce point. En plus, en vadrouillant à 15km/h au max dans des endroits incroyables (je ne pouvais pas aller plus vite avec ma voiture défoncée (qu’elle m’a fait peur !) sur des routes défoncées), c'était encore plus l'aventure et j'étais trop heureux avec ma petite voiture (ca a été une très bonne surprise). Pour couronner le tout j'ai fait des poissons de 50cm en sèche en pleine journée (pas tous les jours quand même) en profitant d’un temps magnifique, d’aigles, de cormorans, de chevaux, de moutons, de chèvres, de martins pêcheurs poulets, et de caracaras pigeons (à ça près qu’un pigeon ça fait moins de bruit, et ça nous laisse dormir le matin)... le top du top. Là j’y étais en Patagonie !

Enfin les Argentins sont tops. Hormis le fait qu’ils font de la viande de rêve dont j’ai profité quasi tous les soirs, ils sont vraiment charmants. Tu ne parles pas espagnole et eux pas anglais, mais c'est pas grave, ils discutent quand même. La 1ère fois c’était vraiment troublant : je me suis demandé si le type était fou. Au final c'était moi le fou, parce que le pire c'est que ça marche : on finit par se comprendre.
Au final j'ai eu 2/3 rencontres sympas avec des gens vraiment attachants. Je pense aux locaux, mais aussi à un groupe d’alpiniste, et surtout à 1 gars qui emmenait sa maman en vacances... des gens gentils, mais gentils... Et j'aime trop les gentils... (Par contre, je ne peux pas m'empêcher de le dire, mais j'ai un petit bémol pour... les français ! Enfin "certains français" parce qu'évidemment tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier. Mais les moins sympas et ceux qui manquent le plus d'humilité, c'était toujours nos compatriotes... Et ça m'a fait un peu de la peine).

Bref, c'était super chouette... J'étais aux anges tous les jours sauf 1 très morose à cogiter sur des conneries (mais c'est aussi ce que j’étais allé chercher là-bas). Je me suis régalé tout seul avec ma petite tente et ma petite voiture. Qu'un regret : Ne plus avoir la force de changer de camping pour aller poser ma tente chez les mapuches... Tout seul j'étais vraiment fatigué sans mes cuisiniers, et le "confort" de Junin était appréciable le soir quand je rentrais tard et que j'avais la fainéantise de préparer à manger...

Enfin, c'est aussi grâce à vous que j'ai vécu cette semaine là, alors je vous remercie encore. Continuez bien votre trip, et continuez à nous faire rêver. Parce que vous faites envie à un paquet de monde, et de mon côté c’est encore pire depuis que je vous ai croisé là-bas… Torres del Paine, Terra Del Fuego, et surtout « le temps ». Le temps d’être là-bas et de le laisser filer pour profiter vraiment des paysages et des rencontres. Vous devez peut-être compter votre argent tous les jours, mais votre luxe c’est ce temps là, la seule chose qui vous permette une vraie immersion dans ces pays. Alors continuez à savourer pour nous. "

samedi 5 mars 2011

Le Fitz Roy et le Cerro Torre

Il est temps de dire au-revoir à Sylvain qui repart vers d'autres horizons faits de rivières et de truites. Quant à nous, depuis El Calafate nous nous rendons A El Chalten. En stop, ça prend du temps, mais on tombe souvent sur des gens très intéressant...en fait d'une manière générale, les gens sont intéressants, c'est d'ailleurs pour ça qu'on voyage. Là, c'est une petite famille argentine qui nous a pris dans leur fourgon. Leur petit bébé est le plus souriant du monde, c'est plutôt agréable! Nous prendrons un chocolat chaud en leur compagnie puis nous nous rendrons dans un petit camping loin de la petite ville d'El Chalten.Le lendemain nous partons pour balader du coté du Fitz Roy, l'une des flêches de granit les plus myhtiques chez les montagnards et les escaladeurs...et les amoureux des beaux paysages.

On comptait faire une grosse montée pour avoir une super vue, mais le chemin se trouve dans une propriété privée...qui veut nous faire payer pour marcher sur leurs terrains. On accepte assez mal de payer pour marcher dans la montagne et par pur orgueuil, on fait demi tour. Du coup on se dirige directement vers le camping qui permet de faire la montée vers le gros caillou. Sur le chemin qui traverse de belles forets de Lenga, on rencontrera plusieurs Pics de Magellan qui nous montrerons leurs belles couleurs noir et rouge. Arrivés au campement, on se rend compte qu'on n'a jamais vu autant de tentes au mètre carré! Mais on fait un peu abstraction de la foule et on fait notre petite vie, c'est à dire faire la popotte au feu de bois alors que faire du feu avec du bois est interdit, casser un arceau de la tente alors que la pluie menace...le quotidien quoi!

Au petit matin on se lève pour admirer le lever de soleil sur le Fitz' (c'est comme ca qu'on dit quand on est un vrai du coin) mais malgré 500 m de dénivelé avalés a toute vitesse on arrivera un poil trop tard pour les super couleurs. Pas tres grave et on apprécie beaucoup l'ambiance du moment. On y passe plus d'une heure de contemplation béate puis on redescend pour p'tit déjeuner et reprendre la marche en direction de l'autre vallée, celle du Cerro Torre. C'est une autre montagne, une autre paroie de granit mythique. La marche est tranquiloute mais longue. On a de la chance avec le temps qui nous permet d'avoir de superbes panoramas toute la journée. On plante la tente au milieu de toutes les autres et on va admirer le mirador un peu plus loin. Cette fois c'est le vent qui nous tient compagnie, et il fait vite frisquet. Mais on se delecte tout de meme de cet impressionnant Cerro Torre qui pointe a plus de 3000m. C'est vrai que les
montagnes d'ici ne culminent pas a des hauteurs faramineuses mais elles partent presque du niveau de la mer...
Lendemain aux aurores, on va voir le lever de soleil mais, cette fois-ci, ce sont les nombreux nuages qui nous empecherons de voir les belles lumieres . On prend le chemin du retour en traversant encore de beaux paysages, plus modestes mais tres variés et les couleurs sont avec nous. Les condors aussi, on en a vu pas mal pendant cette balade et un dernier nous dit au-revoir juste avant d'arriver a El Chalten. Vu d'en haut cette petite ville tres recente, est une vraie anarchie urbaine : les maisons sont orientés la oú elles veulent et ne respectent aucun ordonnancement, on alterne quartiers de bric et de broc avec des nouveaux lotissements moches... Qu'importe, tant qu'on peut re-gouter au super cake "chocolat-dulce de Leche" ca nous va!
On retend le pouce pour retourner a El Calafate. Apres une longue attente, c'est un commercial qui nous emmene sur plus de 200 bornes, pratiquement jusqu'a notre hotel, cooool!

vendredi 4 mars 2011

El Calafate et le Perito Moreno

Nous voila a El Calafate. LA ville touristique de la Patagonie du sud, essentiellement grace a la présence du Perito Moreno et a la Presidente du Pays. Originaire de cette region, un plan de developpement economique a tramsformer en moins de 5 ans cette ville. En tout cas Virginie n'a pas reconnu cette ville qu'elle avait parcourue, il y a 5 ans.
Le Perito Moreno est un énorme glacier qui ne cesse d'avancer envers et contre tout changement climatique, pour la joie des touristes qui attendent de voir des blocs se détacher dans d'énormes craquements et de gigantesques ploufs!


Toujours en compagnie de Sylvain, qui rogne ses jours de pêche pour voir des bouts de glaces, nous décidons de louer une voiture, car à 3, ça revient moins chers que de prendre le bus...oui, ici le touriste est un pigeon et il faut le saigner à blanc avant de le laisser repartir! Nous partons à 6h du mat' afin d'être les premiers sur le site et de ne pas payer l'entrée du Parc. Mais cette petite astuce, qui fonctionnait encore il y a quelques mois, n'est plus d'actualité : maintenant il y a une barrière qui n'ouvre qu'à 7h, en même temps que le guichet...Tant pis! On arrive tout de même dans les premiers et on profite du vent, de la pluie et du froid matinal qui nous congélent...Pourquoi ne sommes-nous pas restés au chaud dans notre lit me demanderez-vous...Ben parce que y'a ce glacier qui nous fait face. Et c'est énorme...dans tous les sens du terme. Un mur de 50 mètres de haut, 5km de large et 23 km de long. Un tableau incroyable auquel nous faisons face. Mais le plus impressionnant dans cette histoire, c'est que c'est un tableau vivant : ça n'arrête pas de craquer. Parfois c'est à l'interieur et on entend un bruit de tonnerre même quand le ciel est bleu. Et parfois le géant se libère d'un bloc de glace, et là c'est un spectacle innoubliable. Surtout comme ce matin là, où on a eu la chance d'assister à une grosse cassure de glaçons gros comme des immeubles, accompagnée d'eclaboussures dignes d'un tsunami...ok on s'enflamme un peu, mais ça fait vraiment grosse impression!


Bref, alors qu'on pensait y rester une petite heure puis faire une balade, ben on y reste presque toute la journée...des vrais gamins!

Puerto Deseado


Changement d'ambiance et de decor, nous partons pour la côte Atlantique! Après une nuit de bus nous découvrons une aurore magnifique sur la pampa puis le lever de soleil sur l'océan Atlantique...Bon il faut encore presque une autre journée pour arriver jusqu'à Puerto Deseado, petite ville nichée au bord d'un estuaire. Le lendemain on se fait une petite balade le long de la Ria oú nous apercevons depuis la rive une colonie de manchots de Magellan, des Lions de mer et plusieurs espèces de canards. On avait prévu de marcher toute la journée mais avec deux photographes et une contemplative, on a dû marcher 2 km avant de faire demi-tour. Un très bon avant goùt, mais on en veut toujours plus et les photos de la devanture d'une agence nous ont suffisamment allechées : Demain on se paye le luxe d'une excursion pour l'Isla Pinguino oú niche, en plus des manchots de Magellan, une colonie de Gorfous, des lions de mers, peut-être des éléphants de mer, etc.
On précise qu'on a pu se permettre cette excursion grace a la génerosité de Guy et Evelyne, les parents de Sylvain. Merci encore à eux!

Bref le lendemain, apprareil photo et camescope chauffés à bloc, nous montons á bord d'un des deux zodiacs plein de touristes et partons en direction de la fameuse île. Point de dauphins à l'allé, mais des albatros, des petrels géants, une colonie de sternes, plein de cormorans royaux et un petit tour près d'une colonie de Lions de mer. Nous débarquons ensuite sur l'île, et on admire une colonie de cormoran à patte rouge. C'est une espèce que nous avions déjà vu, mais jamais d'aussi près, et ils valent definitivement le coup! On commence à peine la visite...et on en est déjà a 200 photos...
Contrairement a Chiloë où la colonie de manchots était petite et fragile, là les quelques dizaines de miliers d'individus ne sont pas farouches et il faut faire attention où l'on met les pieds! Toujours impressionnant ces bouts de nature oú l'homme n'est pas considéré comme un prédateur par les animaux. On traverse l'île sous le vol des skuas, un genre de mouettes locale ('me tapez pas dessus les ornithos!) et on arrive enfin devant les stars locales : les gorfous. On est tous immédiatement séduits par ces petits manchots aux grands sourcils jaunes et aux yeux rouges. Des animaux magnifiques qui semblent poser pour les photographes. Faut dire que
parmi nos compagnons d'excursions se trouvent des photographes munis d'engins qui rendent ridicule mon 300mm. Ciel bleu, soleil radieux, un petit maté en compagnie des gorfous...c'est sympa les vacances! En les regardant, Virginie décide de faire gorfou quand elle sera grande. On dit quand même adieux à nos amis à plumes (toujours difficile de se rappeler que ces bestioles sont des oiseaux) et on va voir nos amis a poils : les Lions de mer. Parmi l'enorme concentration de ces grosses otaries se trouvent un éléphant de mer. Une grosse masse flasque d'une tonne (c'est un petit!) farniente sur les rochers. En ce qui concerne les Lions de mer, ce ne sont que des mâles en manquent de harem qui nous font face, je vous explique pas comment l'ambiance est tendue...et pleine de testosterone! Guillaume est content d'apercevoir le goéland austral ainsi que le Chionis blanc, un trés bel oiseau tout blanc qui ne se reproduit qu'en Antarctique.
Vers 13h on va manger un bon pic nic toujours en compagnie des manchots de Magellan qui peuplent vraiment toute l'île. Sylvain et Gut se pètent le bide avec les sandwichs qu'on nous propose...au prix oú on a payé! Puis c'est le difficile retour. On guette sans trop d'espoir les dauphins...qui finissent par se montrer! Wouhou! On est vraiment comme des gosses devant les tout petits dauphins de Commerson. Mais qu'ils sont beaux, tout contrasté de noir et blanc, géniaux! Ils jouent quelques instant avec les bateaux puis repartent vers d'autres aventures marines, nous laissant des grands sourires débiles sur nos visages. Mais c'est pas finis, et voila que d'autres dauphins apparaissent : plus grands et bien plus joueurs, ce sont des dauphins austraux. Ils nous suivrons pendant un bon moment jouant dans la vague d'etrave

(Merci à Françoise et Gérard pour la photo!)

Un excellent moment qui restera dans nos petits coeurs.
En plus on sent que les gars de l'agence apprécient le moment et retournent voir les cétacés à chaque fois que ces derniers s'eloignent.
Et nous voila de retour sur la terre ferme, aprés une excellente journée comme on n'en fait pas tous les jours.
En discutant avec nos guides, on commence à se dire que se balader du coté du Fitz Roy ça pourrait être sympa...
Allez, on part pour El Calafate et son fameux glacier Perito Moreno!

dimanche 20 février 2011

Parc National de Los Alerces

C'est parti pour 3 nuits dans le Parque Nacional de Los Alerces. L'Alerce, c'est un conifère qui peut vivre plus de 3000 ans et atteindre la taille respectable de 60m. Le trajet nous amène d'abord au centre d'accueil où Sylvain doit desaffecter tout son équipement de pêche. En effet une algue venue de l'hemisphère nord est en train d'envahir les rivières de Patagonie et ils rigolent pas avec ça ici! Ensuite on arrive à un petit camping situé au bord du Lago Verde. On trouve un emplacement idéal au bord de l'eau, sous un bosquet d'arrayanes. En plus un groupe d'ouettes pose pour la photo à 15 mètres de la tente!
Comme il est encore tôt, on part visiter le coin en faisant une petite balade sur un sentier d'interprétation qui nous emmène à travers la forêt jusqu'à un Alerce de 300 ans. On n'a pas encore vu cette espèce qui est très rare, même dans le Parc. Grosse impression en arrivant devant l'arbre : le bestiau mesure peut-être 6m de haut !...C'est ridicule! On comprend pourquoi il peut vivre aussi longtemps avant d'atteindre une taille respectable. C'est quand même etonnant qu'un arbre se développant en milieu humide ait une croissance aussi lente... On rentre pour se faire un bon purée-saucisse et on tarde pas à se coucher parce que le vent est glacial!

Le deuxième jour on laisse Sylvain à sa rivière et on part marcher. Balade tranquiloute entre forêt (avec des grannnnds arbres) et rivière (aux eaux turquoiiiiises). On se lasse pas de ces paysages et on avale pas mal de bornes. Du coup on tente le stop pour rentrer au camping. Chance, on n'attend même pas 5 minutes pour se faire embarquer. Sieste pour nous ; pêche, pêche et pêche pour l'autre, on se retrouve le soir pour dîner et cette fois on profite de la soirée : y'a presque pas de vent!

Troisième jour, finit la rigolade et les balades sur du plat, on va grimper un peu dans ces montagnes histoire de voir ce qui nous entoure. On se fait donc une bonne balade avec des pentes bien raidasses qui nous font gagner rapidement du dennivelé. On traverse différents paysages : forêt de Coïhue, forêt de Lenga, rivière et alpage. 1300 mètres plus haut et plus tard, on débouche sur un panorama à couper le souffle. Un 360º fait de montagnes enneigées, de lac et de forêts. Pas un nuage dans le ciel, seulement des condors. C'est pas des blagues, 2 de ces gros piafs viennent nous tourner autours avant de partir voir d'autres montagnes. Pfiouuu, on n'avait pas encore eu ce genre de spectacle au cours de notre voyage...magique. La redescente tape un peu dans les genoux, mais elle est bien plus rapide que la montée! Seule ombre au tableau : On n'a pas vu le puma! Le soir on attend Sylvain jusqu'à 22h : personne ne prend en stop un pêcheur en "waders" dégueulasses! Alors il s'est tapé 10 bornes à pieds en fin de journée! inutile de dire qu'on est tous crevé et qu'on s'endort rapidement!

Ce quatrième jour on se contente d'une baladounette le long de la rivière Arrayanes. Encore des eaux turquoises, c'est lassant...nan j'plaisante, on n'en perd pas une miette et on s'en prend toujours plein les yeux. Quand la magie commence à se dissiper, il suffit de se rappeler où on est et la chance que l'on a d'y être. Ca fait plus de 5 mois que ça fonctionne très bien! L'objectif d'aujourd'hui est d'aller voir un Alerce de 800 ans. Une fois de plus on est désapointé par la taille de l'arbre qui n'est vraiment pas grand. A ce qu'il paraît y'a un arbre de 3600 ans et de 56m de haut mais il faut prendre un bateau pour traverser le lac...c'est pas dans notre budget, tant pis, on se contentera des photos.
On va peut être se faire enguirlander mais on peut pas s'empêcher de noter que Sylvain aura fait un magnifique capot (pour les non pêcheurs, ça veut dire qu'il a pas sorti une truite!). Sur une si belle rivière c'est difficile d'y croire mais bon, y'a les bons pêcheurs et les autres!

Finis pour ce Parc, maintenant soyons un peu fous et partons pour la côte Atlantique voir des manchots!

Parc de los Arrayanes et rio Pichi Leufù

Après avoir recupéré notre pêcheur, nous partons pour Villa La Angostura (avec un petit détour par Bariloche et une première Parrillada (de la bonne barbac' grillée!)). Une première nuit dans une petite auberge sympa (Sylvain connait un habitué des lieux, du coup le proprio nous a offert le p'tit verre de vin qui va bien)(l'Italian Hotel pour ceux que ça interesse), puis nous sommes allés dans un camping au bord du grand lac Nahuel Huapi. On tient pas le Sylvain qui s'essaie à ses premiers lancers de mouche patagons...mais doit pas y avoir de poisson ici...

Ensuite nous partons visiter l'attraction du coin : le Parc de Los Arrayanes. L'arrayane, c'est un petit arbre à l'ecorce couleur canelle qui se détache un peu à la façon d'un platane, du coup ca fait plein de couleurs très jolies. En plus c'est la pleine floraison...c'est encore plus joli avec ces fleurs blanches! Le + de ce parc c'est qu'ici ils sont très grands et forment une forêt monospecifique. Ca nous fait quand même une balade de 24 km allé-retour (ok c'est plat, mais quand même!). On en profite pour admirer deux femelles de pic de Magellan, des fuschias à gogo et une belle forêt.

Allez, on quitte les lieux touristiques pour partir voir une rivière. Après avoir galéré pour faire du stop, nous embarquons dans un bus qui nous emmènera à travers la pampa sur 50 bornes et nous deposera a coté du pont qui enjambe notre fameuse rivière : la Pichi Leufù. Encore un plan foireux d'un pêcheur en manque de poisson me direz-vous? Que nenni! On est tous immédiatement séduit par le lieu : pampa vallonnée, superbe rivière qui serpente dans la vallée et couleur du soir qui parachève un bien beau tableau...et aucun touriste à l'horizon! On marche 10 minutes histoire de s'eloigner de la route (où ne passe pas grand monde) et on pose les tentes au bord de l'eau. Pour le dîner, on commande une truite à notre pêcheur qui ne se fait pas prier pour aller tâter de la totoche patagone. On n'insistera pas sur le fait qu'il pêche sans permis (ok il l'a cherché partout à Villa la Angostura et pas moyen d'en trouver, mais c'est pas une excuse!). En plus il nous ramène une truite qui ne fait pas la maille : elle fait 36 cm et ici on n'a pas le droit de les garder quand elles font plus de 30cm (c'est l'inverse de la France, ils sont fous ces argentins!). M'enfin on oublie bien vite cela en se delectant de cette excellente truite arc-en-ciel cuite au feu de bois, le tout en écoutant le glouglou de la rivière sous la voúte etoilée. C'est le genre de petit moment entre amis qui fait du bien par oú il passe.
Le lendemain Sylvain part embêter les truites de la rivière et nous on va balader dans le coin, parmi les buissons qui piquent, les p'tits oiseaux, les fleurettes et les paysages infinis. La journée passe très (trop?) vite et on se retrouve déjà au soir, devant une truite (fario cette fois, faut varier les plaisirs) qui fait la maille. Nuit magique devant un ciel etoilé de toute beauté. Du genre "Quand on voit cet immensité, on se sent bien peu de chose", " tu vois cette étoile, c'est ton étoile", etc.
Pour la dernière journée nous reprenons le bus qui nous ramène à Bariloche. En regardant rêveusement la pampa qui défile, Guillaume croit apercevoir pendant 2 secondes, un gros animal roux sauter au-dessus d'un buisson puis disparaître. A partir de cet instant il se demandera toute sa vie s'il a vu un puma ou non. Depuis il ne dort plus (à l'heure où nous ecrivons, ça fait deux fois qu'il en rêve...). Nous enchaînons sur un bus pour Esquel, quelques centaines de kilomètres plus au sud (je suis un peu perdu en terme de distance). De là, nous projetons de passer quelques jours dans le Parc de los Alerces.

samedi 12 février 2011

Passage de la frontiere...a la recherche de Sylvain!

Nous sortons du bateau vers 6h du mat' et nous nous rendons immediatement vers Coyhuaique. De là nous retendons le pouce en direction de l'Argentine. Il faut attendre un peu avant que de gentils fonctionnaires nous emmenent jusqu'a la douane. C'est ici que l'aventure commence...Car nous allons attendre pres de 4h que la premiere voiture vienne! Encore heureux que nous sommes abrites dans le poste frontiere oú nous pouvons apprecier un bon petit poëlle, car dehors le vent froid ne cesse de souffler. On sent de plus en plus que nous ne seront pas à Bariloche pour receptionner Sylvain le lendemain matin! On sent bien que nous sommes a la porte de la Patagonie! Enfin un camping-car s'arrête. On reprend espoir : y'a toujours de la place dans un camping car! Une premiere personne en sort, puis une deuxieme, puis une troisieme...la septieme qui sort nous acheve. On lance la discussion et on demande sans trop y croire s'il y a de la place...C'est une grande famille chilienne qui va visiter l'Argentine et l'une des filles a pris des cours de francais a la Fac. Du coup on papotte un peu. Ils nous prennent en pitié ("vous êtes le premier vehicule qui passeen plusieurs heures!") et il decident finalement de se serrer un peu pour nous faire de la place dans leur camping car. Youhou! Et nous voila reparti! La route risque d'être longue...et caillouteuse! Heureusement que Guillaume apercoit des nandous puis des guanacos! Du coup le paysage a premiere vue montone de la pampa se transforme en un paysage fascinant oú des bestioles peuvent se montrer à tout moment... Les parents de cette grande famille sont docteurs (pediatre et gynecologue), du coup c'est une famille aisée, mais très intéressante avec qui nous discutons pendant plusieurs heures. Eh oui plusieurs heures car nous ne roulons vraiment pas vite sur cette piste. Arrivés au croisement ou nous devions les quitter, on se rend compte qu'il n'y a absolument rien hormis du vent, de la poussière et de l'herbe...Un peu délicat de se retrouver seuls au milieu de la pampa et sans vivre de reserve. Du coup on continue un peu avec eux. Au croisement suivant ce sont eux qui decident de continuer dans notre direction car la route est vraiment fatigante pour notre chauffeur qui prefere faire un détour de quelques centaines de km plutôt que de continuer a rouler là dessus. Tant mieux pour nous et nous roulons jusqu'à 19h oú notre gentille famille nous posent au terminal de bus de la ville que nous visions. En plus ils se renseignent pour savoir s'il y a des bus disponible pour remonter a Bariloche. Et coup de bol y'en a un qui part le soir même!

Après 10h de bus de nuit nous arrivons a Esquel ou nous changeons de bus pour continuer jusqu'a Bariloche, où nous arrivons vers midi... Presque en même temps que l'avion de Sylvain! Après quelques echanges de sms nous arrivons a nous mettre d'accord pour ne pas nous rater et nous récuperons notre zgoulite pêcheur a l'aèroport de Bariloche. Pfiou...Dire qu'hier on ètait un gros millier de kilométres plus au sud!