Apres quasi 8 jours aux Torres del Paine, nous voila de retour a la civilisation de Puerto Natales...ses chambres au sec et sa laverie (nos vêtements en avaient vraiment besoin!). Maintenant qu'on est tout beau tout propre, on peut continuer vers le sud : Voyage en stop rapide et efficace jusqu'a Punta Arenas ou nous trouvons un petit hotel sympa et pas cher (Le Blue Hotel). On fait un petit tour dans le centre ville, ce qui nous mène jusqu'au bord du détroit de Magellan...derrière c'est la Terre de Feu qui nous appelle.
Le lendemain on part avant l'aube pour gagner l'embarcadère qui va nous conduire a Porvenir, petite ville peu touristique située en Terre de Feu et rapidement accessible depuis Punta Arenas. La traversée dure 1 grosse heure et demie. La traversée du Détroit de Magellan nous fait vibrer, surtout vers la fin : des dauphins austraux viennent jouer avec le bateau jusque dans le port. On peut dire qu'ils savent accueillir dans ce pays!
Nous voila donc dans la petite ville de Porvenir, point de départ pour découvrir la Tierra del Fuego. Avant toute chose : manger! On trouve un petit resto qui nous propose une soupe de fruit de mers (Casuela de Mariscos) delicieuse, avec plein de coquillages qu'on avait pas encore eu l'occasion de gouter...un régal! On est dorénavant prêt à affronter le stop a la sortie de la ville. On a decide de visiter l'île par ce moyen de locomotion, pour se laisser porter un peu par l'imprévu. Et pour ca on a été gâté! On commence à tendre le pouce vers midi. Deux autres "mochileros" finlandais nous ont précédé...il faudra attendre que quelqu'un les prennent d'abord! On s'installe donc sur la route et on attend...
5 heures plus tard, alors qu'on n'a pas vu passer une voiture susceptible de nous prendre, Virginie a la bonne idée de se renseigner a l'office de tourisme : y'a un bus qui part dans 15 minutes! On l'attrappe de justesse en compagnie de nos deux finlandais et on part pour une petite ville à deux heures de route au nord de l'île. Les paysages de pampas défilent devant nous jusqu'au petit village de Sombrero et on en profite pour discuter avec les locaux : on a du mal a se comprendre mais on rigole bien ! On trouve une petite pension pour tous les deux et on s'ecroule devant le premier film débile venu (La télé a ses avantages!).
Le lendemain on a le choix entre repartir sur le continent direction Buenos Aires ou de rejoindre plus au sud Ushaia. On decide de ne pas abandonner la terre de feu si vite et on se remet en stop pour descendre : direction Ushuaia (difficile d´y echapper !). Une petite camionnette de travailleurs nous amènent jusqu'à la frontière chilienne. Puis des camions nous conduisent jusqu'à la frontière argentine (15 km plus loin!). Là, l'attente s'eternise dangereusement jusqu'à ce que un couple très affable nous amène à Rio Grande. Ville pas très attirante, on se remet en route ! Un gars et son fils nous emmènent à la petite ville de Tolhuin qui a l'air sympa. Le paysage change : on quitte la pampa pour des forêts de Nirre (hêtre austral) et des lacs. On hésite à s'arrêter là mais on est plus si loin d'Ushuaia, et apres tout on n'est que des touristes : on décide de continuer! On a de la chance car c'est un jeune homme adorable qui nous prend avec lui, nous parle de la région, s'arrête a un joli point de vue et nous conduit jusque dans le centre de la celebrissime Ushuaia.
Les jours qui suivent alterneront entre repos (Virginie se refait une bonne pharyngite), visite du centre touristique, grosses bouffes qui font plaisirs avec Mathieu et Sandrine qui nous ont rejoint et Claire et Pilou qui arrivent d'Asie. Une petite balade quand même le long de la côte et du canal de Beagle pour avoir une vue sur la ville et les montagnes enneigées qui ont les pieds dans l'eau. La région est vraiment jolie et on comprend pourquoi une celèbre émission de télé et une marque de shampoing aient choisi Ushuaia comme nom...(On ne peut pas toujours avoir des pensées belles et profondes en tête!)
Mais la farniente n'a qu'un temps et les horizons nouveaux nous appellent : On se remet en route et nous voila le pouce tendu a la sortie de la ville pour notre plus gros défi en matière d'auto-stop : remonter le plus loin possible jusqu'à Buenos Aires...
Après une petite heure un gars nous prend en compagnie d'une sympathique allemande jusqu'à Tolhuin. Nous revoila au même endroit que quelques jours auparavant, mais de l'autre coté de la route. On va se mettre un peu plus loin et notre allemande va demander a la station service. une demi heure plus tard, un pick-up s'arrête avec notre amie à l'arrière : "montez!" Et on se retrouve a trois a l'arriere de la bagnole, cheveux aux vents, pendant une grosse heure, jusqu'a Rio Grande. On prend un taxi pour aller a la sortie de la ville et on recommence à arrêter les voitures. Ca dure suffisamment longtemps pour qu'on commence à se poser des questions du genre "Est-ce que je crois vraiment au genre humain?" ou "Est-ce qu'on devient forcément egoiste quand on est au volant d'une voiture?". En plus on est quatre maintenant au bord de la route : une fille genre "bimbo" egarée est arrivée... Coup de chance, un chauffeur de mini-van privé a pitié de nous et nous prend tous les quatre. On se rend compte que la "bimbo" est une italienne qui voyage à la roots depuis 10 mois à travers toute l'Amérique latine...et qui arrive a rester propre sur elle...et maquillée! Notre chauffeur nous dépose tous a 15 km de la frontière. Nous deux on se met en marche en se disant qu'on pourra arriver au poste de frontière vers 22h...Eh oui il est déjà 17h et on n'a fait que 300 bornes. Les 3000km jusqu'à Buenos Aires nous paraissent délicat à atteindre! Mais un autre coup de bol se produit : un camion de travailleurs s'arrête et nous prend successivement, notre allemande, notre italienne et nous. Et nous voila rendu a la frontière. Ce n'est pas énorme mais c'est déjà pas mal et surtout, il y a une petite salle où on peut passer la nuit!
On continue quand même à essayer d'arrêter les voitures sans trop y croire : la nuit va plus trop tarder à tomber et la prochaine ville est a plus de 300km dont 200 sur du gravier...
(La suite dans le prochain episode intitulé "La remontée fantastique jusqu'à Buenos Aires")
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire