Andante

Definition française : Adv. Selon un tempo modéré
Définition espagnole : Adj. Errant

mercredi 6 avril 2011

Sylvain en solo

Changeons un peu de protagoniste : maintenant c'est Sylvain qui parle, histoire de donner un autre point de vue. Il nous a quitté El Calafate : lorsque nous sommes parti aux Fitz Roy, il est retourné vers les montagnes du nord au-dessus de Bariloche, pour vivre son voyage á lui...et taquinner quelques truites.


"Après vous avoir quitté et grâce à une organisation aux oignons (je me suis épaté tout seul), je suis arrivé à destination plus tôt que prévu (Youpi !), pour poser mon campement au bord de la Chimehuin (Re Youpi !). Je ne voulais pas prendre de voiture pour que ce soit vraiment l'aventure. Mais ça m'a gavé au bout d'un jour, je suis tombé sur la Sorgue : des baigneurs, des kayaks (bon OK, j’exagère un peu), et pas trop moyen de bouger... J'ai déchanté ! "Enfin quoi ?!??!!! C’est pas ça la Patagonie !"

Donc je suis parti en bus chercher une voiture. Pas trop cher en plus… mais pourrie. Et j'ai découvert des coins reculés que je n’aurais jamais pu voir sans ma petite auto. Mention spéciale à la Boca Del Chimehuin (pour les truites, l’eau incroyablement translucide à dominante turquoise, et parce que… c’est beau), au Rio Malléo dans la zone mapuche (Pour les mapuches et les paysages vraiment grandioses), et « Yellow Bridge » (pour LE souvenir de pêche et les pehuéns)…. Tout ça avec en toile de fond l’imposant volcan Lanin que l’on peut apercevoir de quasi partout. C'était des trucs de fous. Sur la Malléo j'avançais en voiture et je n'arrivais pas à m'arrêter tellement c'était fantastique (pas su le rendre en photo... un peu déçu). Je me disais que même si je n'attrapais aucun poisson, ça m’était égal, car j'étais déja trop bien là-bas sans même avoir mis les pieds dans l'eau. En plus : personnes à part quelques rares pêcheurs... Et encore, pas de partout. Ca donnait vraiment l’impression d’être un explorateur. J’en étais loin bien sûr, mais je n’avais jamais ressenti ça à ce point. En plus, en vadrouillant à 15km/h au max dans des endroits incroyables (je ne pouvais pas aller plus vite avec ma voiture défoncée (qu’elle m’a fait peur !) sur des routes défoncées), c'était encore plus l'aventure et j'étais trop heureux avec ma petite voiture (ca a été une très bonne surprise). Pour couronner le tout j'ai fait des poissons de 50cm en sèche en pleine journée (pas tous les jours quand même) en profitant d’un temps magnifique, d’aigles, de cormorans, de chevaux, de moutons, de chèvres, de martins pêcheurs poulets, et de caracaras pigeons (à ça près qu’un pigeon ça fait moins de bruit, et ça nous laisse dormir le matin)... le top du top. Là j’y étais en Patagonie !

Enfin les Argentins sont tops. Hormis le fait qu’ils font de la viande de rêve dont j’ai profité quasi tous les soirs, ils sont vraiment charmants. Tu ne parles pas espagnole et eux pas anglais, mais c'est pas grave, ils discutent quand même. La 1ère fois c’était vraiment troublant : je me suis demandé si le type était fou. Au final c'était moi le fou, parce que le pire c'est que ça marche : on finit par se comprendre.
Au final j'ai eu 2/3 rencontres sympas avec des gens vraiment attachants. Je pense aux locaux, mais aussi à un groupe d’alpiniste, et surtout à 1 gars qui emmenait sa maman en vacances... des gens gentils, mais gentils... Et j'aime trop les gentils... (Par contre, je ne peux pas m'empêcher de le dire, mais j'ai un petit bémol pour... les français ! Enfin "certains français" parce qu'évidemment tout le monde n'est pas à mettre dans le même panier. Mais les moins sympas et ceux qui manquent le plus d'humilité, c'était toujours nos compatriotes... Et ça m'a fait un peu de la peine).

Bref, c'était super chouette... J'étais aux anges tous les jours sauf 1 très morose à cogiter sur des conneries (mais c'est aussi ce que j’étais allé chercher là-bas). Je me suis régalé tout seul avec ma petite tente et ma petite voiture. Qu'un regret : Ne plus avoir la force de changer de camping pour aller poser ma tente chez les mapuches... Tout seul j'étais vraiment fatigué sans mes cuisiniers, et le "confort" de Junin était appréciable le soir quand je rentrais tard et que j'avais la fainéantise de préparer à manger...

Enfin, c'est aussi grâce à vous que j'ai vécu cette semaine là, alors je vous remercie encore. Continuez bien votre trip, et continuez à nous faire rêver. Parce que vous faites envie à un paquet de monde, et de mon côté c’est encore pire depuis que je vous ai croisé là-bas… Torres del Paine, Terra Del Fuego, et surtout « le temps ». Le temps d’être là-bas et de le laisser filer pour profiter vraiment des paysages et des rencontres. Vous devez peut-être compter votre argent tous les jours, mais votre luxe c’est ce temps là, la seule chose qui vous permette une vraie immersion dans ces pays. Alors continuez à savourer pour nous. "

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