Andante

Definition française : Adv. Selon un tempo modéré
Définition espagnole : Adj. Errant

mercredi 24 novembre 2010

Volontariat à Aldea Yanapaï, à Cusco

A Chachapoya on avait récupéré un petit flyer parlant d’une asso à Cusco qui acceptait les volontaires pour s’occuper d’enfants. Un mois plus tard nous voila à Cusco et après avoir pris les renseignements adéquats, nous avons décidé de passer une semaine de bénévolat dans cette association qui s’occupe de niños l’après-midi. Il faut savoir qu’au Pérou, il n’y a pas école l’après-midi. Du coup, pour les enfants, les alternatives sont la rue ou la télé (qui possède des programmes laaargement aussi affligeants que les nôtres et pas du tout adaptés à des gamins). Bref l’alternative que propose Yanapaï et de s’occuper des enfants, de 15h a 18h30.
L’après-midi est divisée en trois parties : de 15h a 17h, les enfants sont répartis dans différents ateliers comme l’aide au devoir, le tutorat, les jeux éducatifs et la classe d’art. Ensuite tout le monde se regroupe autour de Yuri, l’initiateur du projet, qui lance une discussion où tout le monde peut participer. Ca peut durer une petite demi -heure, puis à partir de 17h30 des classes se forment, par âge, et chacune va rejoindre ses professeurs pour discuter et réaliser une « œuvre » (théâtre, danse, dessins, …) autour d’un thème qui change chaque semaine. Cette semaine c’était « les dieux incas ». Le vendredi, chaque classe présente son œuvre, c’est le spectacle de fin de semaine.

Voila pour l’intro, maintenant on va vous parler de ce qu’on a fait plus précisément et de nos impressions :

Gut : le lundi matin on apprend que je suis en classe d’aide aux devoirs et Virginie en classe d’art. On demande gentiment à échanger nos postes respectifs vu que je ne sais pas écrire ni vraiment parler en espagnol et que Virginie ne sait pas dessiner. Moi en art et Vivi en aide aux devoirs, ok, c’est mieux. Par contre celle qui devait m’aider pour cette classe d’art est malade…et je ne me sens pas trop de gérer des p’tits de 5 à 8 ans tout seul… Heureusement que Hana, une belge qui parle bien espagnole vient d’arriver et peut m’aider. On a décidé de faire une œuvre différente chaque jour mais toujours selon le même principe. Ce seront des animaux en cartons, dont chaque enfant découpera puis colorera une partie du corps, en s’aidant mutuellement. Ca c’est le projet ; Parce que dans la réalité sur 6 ou 7 gamins, y’en a deux qui sont à fond (mais seulement pendant 10 minutes), deux qui discutent entre eux, deux qui font complètement autre chose, et une vingtaine qui courent dans tous les sens (en tout cas c’est l’impression que ca donnait !). En plus dans une petite pièce remplie de cartons, de papiers colorés, de feutres, crayons, peinture…je vous laisse imaginer la rigolade en fin de séance quand il faut tout ranger, ensembles, dans la joie et la bonne humeur ! Mais en fait c’était très sympa, on a effectivement fait ce qu’on voulait faire : un rugissant jaguar (lundi), un terrible dragon (mardi), un immense serpent (mercredi) et un splendide condor (jeudi). Et le vendredi Virginie a utilisé les trois animaux sacrés des Incas que sont le condor, le jaguar et le serpent pour décorer son théâtre. Eh oui parce qu’en plus d’être une classe d’art c’est une classe éducative en lien avec le thème de la semaine ! La partie sur le thème des dieux incas est un peu plus mitigée dans mon cas. En effet je me suis retrouve dans la classe des dinosaurios…les plus grands, les plus terribles…les pré-ados ! Ils ne sont que 7 ou 8 (selon les jours) et nous sommes 3 volontaires…Mais comment font les profs pour gérer des classes de 30 gamins ?!! On n’a quasiment rien réussi à faire en 4 séances ! La grosse difficulté est qu’on est là pour leur donner de l’amour, chose qu’ils n’ont pas forcement au quotidien chez eux ou a l’école, loin de là. Et c’est difficile d’y penser quand ils te poussent à bout, juste pour voir comment tu va réagir ! Mais j’ai une absence totale d’expérience avec les enfants, surtout de cet âge, et mon autorité sur eux est proche de la nullité…Pas facile d’être lâché comme ca ! Comme d’habitude je grossis un peu les traits. La première séance on a réussit à les intéresser une petite demi heure. La deuxième séance y’a eu un vrai travail sur une éventuelle histoire pour une éventuelle pièce de théâtre, mais de la part de deux élèves et seulement pendant un quart d’heure. La troisième séance Hana a du partir tôt et Juan Pablo, qui est le seul a avoir de l’autorité sur eux n’est pas venu…j’étais pas loin de la décomposition vers la fin… La quatrième séance trois masques ont été réalisés. Le vendredi, il nous restait une heure pour finir les costumes et créer une histoire avant le spectacle. On s’était dit que ca allait les stresser…penses-tu ! Ils sont quand même appris vite fait quels dieux ils allaient représenter. Et finalement le spectacle s’est très bien passe. Moralité, faut pas se stresser, ces minots sont bien plus dégourdis qu’ils ne veulent le laisser croire. Ca, c’était les impressions que je pouvais avoir à chaud en sortant de la classe, mais à chaque fois, en y réfléchissant le soir ou en discutant avec Vivi, je me rendais compte que c’était génial comme expérience, vraiment enrichissante. Et puis y’a tous ces petits moments, qui seuls resteront, où Franck a fait patiemment son masque, où Luis s’est lancé dans le débat avec Diana pour écrire une histoire en tenant compte de la mythologie Inca, où Lucas me dit bonjour, où ils ont tous su leur texte quand il fallait…Merci à eux pour ce qu’ils m’ont apporté !

Vivi : Comme l’a déjà introduit Gut, je me retrouve dans l’atelier d’aide aux devoirs. Cela ne m’a pas fait trop peur, dans la mesure où j’avais déjà eu une expérience similaire en France, dans une association à Gap. De plus l’aide aux devoirs concernait des enfants âgés de 6 à 9 ans (on a quasi le même niveau !)… globalement cette première partie s’est plutôt bien passée. Les enfants viennent de leur propre chef avec leurs devoirs, du coup ils sont motivés pour travailler ! Je ne dis pas qu’à la fin de la séance, ils n’y en avaient pas qui pensaient à une seule chose : rejoindre leur camarade pour jouer. En bref, la classe était calme et maîtrisable sans grosses difficultés. Il est important de préciser que si les enfants sont dans cette association, c’est avec l’accord de leurs parents qui attendent des résultats positifs. En gros si un gamin ne fait pas ses devoirs correctement et si à l’école on lui fait des remarques négatives sur ses devoirs, les parents ne le laisseront plus revenir à Yanapay, et les enfants en ont bien conscience !

La partie sur le thème des dieux Incas était un gros bide la première journée, mais elle a pris meilleure tournure les jours d’après. Se retrouver devant une classe de 6 gamins (on était deux nouveaux volontaires à gérer la classe) alors qu’on n’avait aucune expérience de l’enseignement et bien ca fait fichtrement bizarre ! On essaie tant bien que mal à les intéresser sur le thème des dieux Incas, mais ca ne durera que 15 minutes, sur une heure de temps. Très rapidement, on sent que les enfants s’ennuient à mourir, ils commencent à chahuter, à jouer, à faire du bruit. On arrivera finalement à calmer la classe en leur demandant de dessiner un dieu qu’ils ont choisi au préalable. Mais la encore on n’est pas sur qu’ils aiment dessiner… Heureusement, le lundi soir, il y a une petite réunion avec Yuri, le responsable du projet, et les volontaires pour un faire un bilan sur la première journée de classe. Je ne manque pas de mon moment d’expression pour demander un peu d’aide. J’explique que tenir une classe est un métier à part entière et que n’ayant aucune expérience en la matière, je ne me sens pas capable d’intéresser les enfants comme on le devrait. J’explique que j’ai eu une mauvaise impression de la première journée de classe et précise que je n’ai pas senti les enfants heureux et intéressés. Yuri me dit que les enfants de cette classe aiment beaucoup danser et propose de passer dans notre classe le lendemain pour apporter un peu d’aide. Le lendemain, Yuri donne quelques conseils avant la classe à l’ensemble des volontaires (qui ne seront pas de trop !). Il précise qu’il faut diviser les enfants (on dispose de deux tables dans chaque classe) et de mettre un volontaire par table et un autre au tableau. Il donne quelques conseils pour la gestion des enfants : en aucun cas, on ne peut laisser partir un enfant sans l’autorisation de la direction (la veille nous avions eu le cas d’un enfant qui disait devoir partir plus tôt…), que si un enfant parait étrange ou perturbateur il faut l’accompagner à la direction, que si un enfant veut aller aux toilettes on peut lui donner l’autorisation de sortir mais toujours en le surveillant… Des conseils qui paraissent ridicules, mais pourtant bien utiles. Nous voila partis dans notre classe pour la deuxième journée, et là on s’aperçoit qu’on a deux nouveaux et deux absents. Peut importe, il va falloir s’y habituer parce que ce sera comme ca jusqu'à la dernière journée. On reprend les présentations, on divise les enfants en deux groupes (en séparant les deux seuls garçons de la classe). Yuri arrivera très rapidement, et en deux trois mouvement il nous motive les gamins pour un spectacle de marionnette sur les dieux Incas. Il nous reste plus qu’à les aider à concevoir les marionnettes, à choisir le dieu qu’ils représenteront et à trouver un petit scénario pour la mise en scène de nos dieux Incas. Les jours avancent et les gamins changent tous les jours. Un jour on a notre dieu de la lune et l’autre on ne l’a plus. Vendredi, une heure avant la représentation, on est quasi au complet, dont un nouveau qui va remplacer un absent et moi qui remplacerait l’autre gamin absent… En cinq minutes le nouveau apprend son texte, heureusement qu’il est de bonne composition et très sage ! On terminera le spectacle un peu fatigués, mais fiers du résultat et des gamins ! En bref, la première journée était un peu chaotique, mais avec un petit coup de pouce et surtout un peu d’expérience, la fin de semaine était un plaisir.

BONNE EXPERIENCE !

1 commentaire:

  1. Héhé! Quand y'a une rencontre avec un boa ou quand ils sont sur les traces d'un jaguar, ca prend deux lignes, mais face à des mômes assoiffés de sang, ils font leur plus long post!
    Auxile

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