Andante

Definition française : Adv. Selon un tempo modéré
Définition espagnole : Adj. Errant

mardi 23 novembre 2010

Les sites de la vallée sacrée

Deux expéditions

- La première journée nous sommes partis en compagnie de Sandrine et Mathieu (rappelez-vous les premiers jours du trek de l'Alpamayo!) pour découvrir les terrasses de Moray. On arrive en collectivo au croisement de Maras, de là nous prenons un petit taxi pas cher jusqu'au village. Ensuite nous commençons la balade à pieds. Mais au bout de 200 mètres un bus touristique s'arrête et nous propose de nous emmener jusqu'au site...et pour pas un rond! Notre côté fainéant prend le dessus et on fait les 8 kilomètres en bus...Cela-dit, on a bien fait parce qu'on avait loupé l'embranchement qui nous permettait de passer par un petit chemin, alors qu'on partait sur la route! Une fois arrivés, nous découvrons un site spectaculaire et intéressant, d'autant plus qu'on n'est pas certain de la fonction de ces terrasses circulaires, uniques constructions connues de ce genre.
La restauration de la principale cuvette est superbe et nous nous promenons un bon moment parmi les terrasses. Nous retournons au village, à pieds cette fois-ci, puis continuons jusqu'aux salines de Maras. C'est un site exploité depuis les temps incas. A partir d'une source d'eau chaude sur-salée, les habitants ont bâtis des dizaines de petits bassins salants. La balade est agréable, toute en descente. Quand enfin nous débouchons sur les fameuses salines, les bras nous en tombent. Il y a un côté incroyable, et même franchement magique à voir ces petits rectangles de toutes les teintes, du blanc pur au marron, recouvrir tout un pan de montagne. La réalité nous rattrape vite en observant les gens (dont des jeunes ados) qui y travaillent, les pieds nus dans le sel, à ramasser le précieux cristal et le remonter par sacs de plusieurs dizaines de kilos...Mais ils n'ont pas l'air malheureux et le tourisme a dû bien aider ces dernières années. Du coup on paye bien volontiers le droit d'accès de 5 S/pers. Nous goûtons l'eau à la source : c'est effectivement très très salé...et chaud! Y'a plein de petites formations de sel au bord du ruisseau et des bassins salants. On s'extasie également sur l'ingénierie hydraulique qui permet d'alimenter cette multitude de bassins. Un site vraiment spectaculaire! Virginie a beaucoup apprécié ce site pour sa dimension réelle : pour une fois on ne se contente pas d'interpreter des ruines. Il ya de l'activite ici et cela depuis des centaines d'années ; on peut penser, au regard de la morphologie du site, que le mode d'exploitation n'est pas prêt de changer (avec peu être quelques touristes en plus!). Pour rentrer on se perd un peu mais ca nous permet d'avoir des vues originales sur les salines. On retrouve enfin la route d'Urubamba. On s'était tâté pour aller jusqu'aux ruine d'Ollantaytambo mais la nuit arrive vite, ce sera l'un des seuls sites majeurs que nous n'aurons pas la chance de découvrir. Une bonne journée en tout cas!

- Deuxième journée, cette fois que tous les deux. On part pour Pisac et ses ruines! Comme on est dimanche c'est jour de marche! Pas que des locaux mais tout de même la partie nourriture n'interesse pas beaucoup les blancs qui se concentrent devant les étales de bibelots véritables. On monte aux ruines en taxi-collectivo (parfois la frontière est floue entre les deux). Cernes de toute part par des hordes de touristes, nos deux héros tentent vainement de trouver les secteurs peu fréquentés. Ils se baladent dans la partie haute de la forteresse. Certains murs en adobe ont étés un peu épargnés par l'erosion. On se rend compte que les Incas ne faisaient pas que des constructions parfaites en pierres sans mortier. Ils regardent sur la falaise qui fait face au site les centaines de petites niches : c'est le plus grand cimetière incas connus. Intégralement pille avant la moindre étude scientifique...Impressionnant. Nous contournons la montagne pour redescendre sur le cœur du site où se trouvent le Temple du Soleil (Intiwatana), celui de la Lune et des fontaines rituelles. Changement d'importance, changement de style : on retrouve les pierres taillées de façon parfaites, impeccables. On a appris, dans un des musées de Cusco, que les meilleurs tailleurs de pierres venaient de la region du Titicaca et étaient emmenés de force pour réaliser ces oeuvres. En tout cas fallait du génie pour concevoir des fontaines et des rigoles en pierres assemblées sans mortier! Depuis le mirador on peut contempler l'Intiwatana ainsi que la vallée sacrée. Impossible de surprendre les sentinelles : La vue est parfaite! A se demander pourquoi l'Inca ne s'est pas refugie ici pendant la conquête de la région par Pizarro...encore un mystère! Nous redescendons par les grandes terrasses agricoles, qui permettaient l'autosuffisance en cas de siège. Le chemin est raide, les agriculteurs devaient avoir la patate! Nous redescendons a la ville de Pisac et nous flânons dans le marche. Nous y prenons un délicieux repas loin de toute norme hygiénique, a 2,5s/. ca défie toute concurrence!

Comme il est encore tôt et que nous sommes motives pour changer des circuits classiques, nous tentons de rallier deux autres sites archéologiques. Évidemment c'est pas facile vu que les touristes ne font pas ce circuit. Il faut donc trois changements de collectivos avant d'arriver aux pieds des ruines de Pikillacta. Cette forteresse est d'origine Wari, bien antérieure aux incas. En arrivant au pied de cette immense muraille on n'a quasiment aucune information sur le site si ce n'est que c'est là qu'ont été trouvées les jolies petites figurines en turquoises vue dans le Musee Inca de Cusco. On longe la muraille en montant des grands escaliers et on débouche sur un immense complexe de bâtiments. On n'a pas le temps de s'y balader, le soleil commence a baisser. Dommage, mais on profite de la belle lumière du soir. Grosse impression!
On ne pourra pas faire le dernier site, celui de Tipòn, mais ce n'est pas grave : on s'en est encore mis plein les yeux aujourd'hui!

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