Depuis Huaraz on prendra un premier bus jusqu'à Lima puis un deuxième jusqu'à Pisco. Enfin jusqu'à la route qui va a Pisco. A moitie réveillés on se méfie de tout ceux qui nous accoste pour nous emmener pour pas cher. On finit par prendre un taxi-collectivo qui nous mène a la ville. Après 10 minutes a consulter les agences de tourisme pour savoir ce qu'on peut faire dans le coin, on décide de se rendre directement au port de la presqu'île de Paracas : Chaco. Un petit collectivo plus tard nous voila en train de déambuler au bord de l'océan, dans un site excessivement touristique mais qui reste agréable après plusieurs semaines dans les montagnes. On se prend le luxe d'une chambre a 20 s/pers. Au lieu des petites auberges a 15 s/pers. Mais la vue sur l'océan et le port depuis la terrasse vaut le coup d'œil! On se renseigne pour l'excursion aux îles Ballestas, qui est l'attraction principale de la région. On compte faire cela ainsi que balader dans la presqu’île de Paracas, sous les conseils avises de Sandrine Payan dont nous avons déjà suivis bon nombres de balades prescrites dans son livre (Isla de la Plata, Quilotoa, Cordillère Blanche, etc.).On sait qu’il va y avoir du monde et que le temps sera court mais manifestement ça vaut le coup d'œil alors on se fend d'un billet à 30 s/pers. et on va se coucher! Le lendemain on se retrouve avec des dizaines de touristes, devant l'embarcadère...Ambiance! Le bateau démarre et Guillaume sort son appareil photo : les oiseaux commencent à se pointer! On fait une première pause devant le fameux chandelier de Paracas : un immense dessin grave dans le sable, seulement visible depuis la mer et représentant probablement un cactus San Pedro. Cette espèce de cactus a des propriétés hallucinogènes et était sacré pour les anciennes civilisations. Ça reste un mystère archéologique fascinant et beaucoup de questions se posent (comment, pourquoi?...). Ensuite on se dirige vers les îles Ballestas. En chemin Virginie croit voir une tête humaine en pleine mer (une tortue?), ensuite elle aperçoit quelque chose sauter hors de l'eau (un dauphin?). Guillaume est vexe ne rien voir...jusqu'à ce que nos deux protagonistes observent, nettement, une otarie! Et c'était d'ailleurs sans doute des otaries que Virginie venait d'apercevoir. Elles se font de plus en plus nombreuses en arrivant près des îles. Et l'explosion d'oiseaux arrive. C'est d'abord les pélicans et les cormorans qui posent. Mais la vedette leur est rapidement volée par les sublimes sternes incas. Du gris, du rouge au bec et des moustaches blanches et noires, un oiseau de mer franchement original! Et y'en a des dizaines...des centaines même! Ensuite c'est au tour des otaries de se poser en stars fainéantes. Affalées sur les rochers elles font plaisir à voir. Guillaume décide de se faire otarie quand il sera grand! Stars suivantes : les manchots de Humboldt (la première fois que Guillaume voit ces piafs, il est de plus en plus fou!). Décidément comiques dans leur attitude dressée, ils observent les autres bipèdes bien plus comiques qui les prennent en photos depuis leur embarcation...Le premier intérêt de cette visite est donc la diversité des bestioles observées. La deuxième est l'abondance des-dites bestioles, surtout des pélicans, des cormorans et des fous. On ne les compte plus en dizaines ni en centaines mais en milliers : l'une des îles en est recouverte...On comprend que l'exploitation du guano (les excréments des oiseaux de mer) soit devenues industrielle! La visite des îles ne dure qu’une petite demi-heure. Sentiment mitigé, on a payé pour une heure, mais les odeurs des bateaux et le dérangement de la faune ne nous font pas regretter de rentrer...Des files de cormorans et de fous nous accompagnent sur le voyage du retour.
On rentre à l'hôtel et préparons nos sacs pour deux jours de balades sur la presqu'île de Paracas, histoire de découvrir ce milieu de désert côtier un peu plus en profondeur. Un repas au restau où nous laissons un sac d'affaires (pas la peine de se charger pour une petite rando) et nous partons sur la route. Il est midi, nos amis se lancent dans le désert! Pour sortir de la ville nous longeons une magnifique haie de Bougainvilliers, nous croisons un œdicnème (Burhinus supercialiaris, un oiseau !) puis plus rien a part la route et du sable.
On passe par le poste de contrôle où on s’acquitte de notre droit d’entrée dans la réserve (valable seulement un jour, donc normalement quand on rentrera, faudra repayer vu qu’on compte y dormir…). La marche le long de la route qui est relativement empruntée n’est pas passionnante en soit, mais la vision du désert autour de nous fait quand même grosse impression. On se rapproche de la lagune côtière pour admirer les quelques centaines de flamands du Chili, très comparables a ce qu’on a en Camargue mais avec une couleur rose-rouge plus franche. Comme c’est une zone protégée on ne peut pas trop s’approcher, d’autant qu’un groupe de touriste se fait rappeler à l’ordre par un garde… On peut tout de même apercevoir au loin pas mal de limicoles et autres piafs de bords de mer. Quelques dunes sont végétalisées mais pas énormément. On passe devant le musée que nous comptions visiter (explication des sites archéologiques de Paracas, informations sur les écosystèmes de la réserve, …) mais ce dernier s’est effondré en 2007 suite à un tremblement de terre…Tant pis ! Alors on continue, on suit une piste beaucoup moins fréquentée où de nombreux mirages nous font miroiter un océan encore trop loin ! Finalement la piste nous mène, après plus d’une heure de marche, à la Playa de Lagunillas. Que c’est beau ! Le contraste du sable du désert et le bleu de l’océan nous laisse bouche bée. Pour comble, plein d’oiseaux se pressent sur la plage, des huîtriers-pie, des goélands, des courlis… On se pose sur des rochers afin de contempler ce qui nous entoure. Guillaume file prendre des milliards de photos (tournepierres, chevaliers, sternes, …). Puis on finit notre balade en contournant la baie pour arriver au minuscule port de Lagunillas où on trouve 3 restaurants et un embarcadère. Bizarrement on préfère largement cette ambiance à celle de Chaco… Une bière et des discussions avec les serveurs et les gérants des restaurants, et la nuit commence à pointer. On trouve un emplacement nickel, à l’abri du vent qui s’est bien levé dans l’après-midi, et on se fait notre petite popote. Le soir, seuls restent un gardien, quelques employés et deux touristes tout joyeux de profiter de l’instant…
Le lendemain matin nous avons comme objectif de marcher dans la presqu’île jusqu’au mirador des « Lobos marinos » (otaries). Évidemment on n’a pas compris les indications qu’on nous a données et on se trompe de chemin. Bravo les touristes qui se perdent dans le désert ! Je plaisante on a simplement fait un petit détour pour contempler d’autres endroits encore plus désertiques…Deux pêcheurs nous montrent le bon chemin et nous arrivons finalement au mirador, après avoir longé une immense plage. Les otaries sont bien là, étalées de tout leur long sur un gros rocher en contrebas. Une bonne cinquantaine de pinnipèdes se prélassent béatement, heureuses de profiter des embruns. Le bonheur se lit sur leur sourire…Guillaume est vraiment décide à faire otarie quand il sera grand (en espérant que l’ANPE l’aide à trouver une formation adéquate). Pendant ce temps des milliers d’oiseaux n’arrêtent pas de passer au large. Ça fait depuis ce matin que ca n’arrête pas. Enfin nous remarquons un attroupement de ces oiseaux : manifestement un grand banc de poissons croise au large et avec les jumelles nous observons des dizaines de fous plonger dans l’eau, sans interruption. Guillaume jalouse la petite barque de pêcheurs qui se trouve au milieu de ce spectacle. C’est le genre de scène qu’on voit dans les meilleurs documentaires…et ca se passe devant nous. Extraordinaire !
Au premier mirador (que nous avons loupé à l’allé), nous restons une bonne heure, à regarder les otaries, les sternes incas, deux manchots isoles à l’entrée d’une caverne, une colonie de fous, et les allées et venues incessantes des pélicans et des cormorans qui passent a quelques mètres de nous. Cerise sur le gâteau : le « bébé otarie » que Virginie croit avoir vu se révèle être une loutre marine. C’est impressionnant de voir ce petit animal nager au milieu de cette immensité. Comme cette espèce vit en groupes familiaux, on en aperçoit deux autres un peu plus loin. Virginie doit tirer Guillaume pour le détourner du spectacle et continuer la marche…
On rentre en longeant la côte et on atterrit à la plage de la Mina. Virginie tient à faire trempette dans l’océan, alors on sort nos plus beaux maillots de bain en slips et soutien gorge véritables et on s’avance dans l’eau. Seulement le reflux des vagues n’inspire pas confiance et nous reprenons sagement la direction de la plage, sous le regard probablement amusés des trois touristes qui viennent d’arriver. Ensuite vient un garde de la réserve, il nous réveille gentiment pendant la sieste et nous apprend qu’il nous a cherché toute la journée : il est chargé de la sécurité des touristes et savait qu’on devait se balader vers le mirador, mais comme on n’a pas pris les chemins classiques… On tape ensuite la causette, c’est un incollable du foot et connaît mieux que moi l’équipe de l’OM et les résultats de la France au dernier Mondial…Il nous apprend aussi que les nombreuses otaries mortes qu’on a vu près de Lagunillas sont notamment victimes de la pêche artisanale…à la dynamite ! Il lutte contre cette pratique et nous explique que pendant qu’il parle avec nous il surveille la barque de pêcheurs qui navigue non loin de nous…Au milieu de sa conversation Virginie s’exclame « des dauphins ! ». Ce sera vraiment le point d’exclamation naturaliste de cette superbe journée : un banc de quelques dauphins croise tranquillement au large de la plage…on les a cherché toute la journée et ils apparaissent quand on ne les attend plus. Merci à eux ! On rentre finalement à Paracas et décidons de passer une nouvelle nuit au petit port, on est tellement bien ici…
Le lendemain nous repartons pour Chaco, le stop marche avec la seule voiture de la matinée. Nous retrouvons nos affaires au resto, puis partons pour Ica et d’autres aventures !
Un saludo a los caminantes.
RépondreSupprimerEn lisant ce post, j'ai immédiatement repensé à notre voyage à Oman d'où nous venons de rentrer il ya tout juste une semaine. Les pêcheries d'oiseaux de mer y étaient fabuleuses et cela fait partie des plus beaux sepctacles vus.
Donc surtout résiste à Virginie qui veut t'arracher à tous ces oiseaux. Reste sur place et fais cracher le 40D.
aller a+ et le bonjour de la Naturalia team