De La Paz, jour de depart pour l'aventure salarienne, on recupere nos sacoches pour velo faites mains, merci a Padro (calle Sagarnaga N.391) un genie qui vous fabrique tout type de sac.
Depart en bus pour Salinas de Garci Mendoza, avec une etape a Orruro (marche de noel, immense avec que des jouets pour les gamins). Info voyageurs, le bus pour Salinas demander la compagnie de bus CABRERA. Depart a 8h30 ou 19h30, selon les jours (mieux vaut y venir tôt le matin pour être sûr d'avoir de la place !). Reprenons, nous arrivons a Salinas en fin de journee, apres avoir vu nos premieres vigognes et un cratere de meteorite impresionnant. On passe la nuit a Salinas et on demarre le lendemain matin avec nos jolies sacoches remplies a ras-bord de bazard : mais comment avions nous fait autour du Lac Titicaca ???
Le chemin commence avec un festival de vigognes et de chemins boueux, mais quasi plat. Nous passerons la journee a contourner le volcan Tunupa (5 430 m). On arrivera a Coquesa en milieu d'aprem, premiere etape avant la traversee du Salar. Sur le chemin on rencontrera un site pre-inca a peine fouille, avec plein de tessons de ceramique au sol.
Le village de Coquesa nous parait totalement vide de sa population ; la seule activite se concentre autour du petit hotel touristique, situe a l'entree du salar. Impatient, on s'essaye sur le Salar et disons bonjour a nos premiers flamants. Depuis deux jours, les orages nocturnes humidifient de plus en plus le salar et nous inquietent.
Le lendemain, on se prend une journee pour balader sur le volcan, jusqu'a son mirador. Nous voila arrive a 4 800 m d'altitude. La vue sur le cratere du volcan est splendide avec ses couleurs surprenantes (du jaune au rouge en passant par pleins de variantes), et celle sur le salar nous impressionne par son immensite. La vue nous confirme que la presence de grandes flaques d'eau risque de nous posser quelque petits problemes. Mais ce n'est pas ca qui nous arretera et le lendemain nous enfourchons nos bolides en direction de Isla IncaHuasi. Aujourd'hui c'est le 24 decembre 2010 et nous comptons reveillonner sur cette petite île au milieu du Salar.
Le chemin est plat et tres agreable et nous suivons la piste de 4x4 qui l'ont bien damme. La piste ressemble tantot a une allee de marbre et tantot a une patinoire. Le salar est compose de miliers de polygones de sel qui changeront de couleurs au fil de la matinee...c'est magique! On glissera sans trop probleme jusqu'a notre île en 3-4 heures, le temps de faire des miliers de photos. Petite biere et casse-croute et visite de l'ile avec ses cactus geants et ses recifs coraliens fosilises. Vers 17 h on a une pensee un poil nostalgique pour nos familles qui reveillonnent loin de nous et surtout qui vont s'empifrer de pleins de bonnes choses...on en salive a distance ! On se contentera d'un petit repas au petit resto de l'ile (qui fermera ses portes a 20h), d'un coucher de soleil merveilleux sur le salar et d'une nuit tres ventee sous la tente. Quelques parties d'echec et dodo, pour le reveillon le plus sage de notre vie, mais de loin le plus original et passionnant !
Quatrieme jour, le temps de se renseigner sur la direction a prendre, aupres des nombreux 4x4 arrives tres tôt sur l'île, et nous voila partis pour la deuxieme et derniere journee a travaers le salar. Evidemment on a choisi le chemin peu touristique, de fait apres une bonne vingtaine de kilometres nous perdons la piste noyee sous l'eau. Et oui !!! On decide de couper a travers le salar en direction de la "côte"...mais que c'est loin, salete de mirage ! La route est de pire en pire et nous pousserons les velos a travers des croutes de sel de plus en plus hautes. Guillaume ne trouvera rien de mieux que de crever ! Quelle bonne idee : perdu au milieu du salar, sous le soleil de 12h, monsieur decide de crever ! Apres reparation du velo, nous decidons de rebrousser chemin en direction de l'île, puis nous retombons sur une route...un peu fous nous decidons de poursuivre (on n'aime pas revenir en arriere !)...et d'assumer nos choix ! Le salar est sous l'eau. Cela ne nous empeche pas de rouler, mais ca nous recouvre de sel, nous et nos velo (mais que c'est beau !)! A la sortie du salar, vingt kilometres plus tard, le chemin se transforme en un melange de boue et de sel qui finissent de nous pourrir ! Arrives sur la terre ferme, un peu content malgres tout, nous decouvrons notre premier panneau "museo" et "Aguaquiza", qu'est-ce que ce patelin qui ne figure pas sur nos cartes ? ou sommes-nous ? Pas d'indication de kilometres, on continue sur un chemin catastrophique : plein de bosses et de sable...et la pedale de Virginie qui tente de se faire la malle pour la enieme fois !. Toutes ces aventures inspirent Guillaume qui commencera a composer une chanson sur l'air de "Bob Morane" d'Indochine (si vous arrivez a lire l'integralite de ce post, vous aurez la chanson a la fin !). On arrivera finalement epuises a Aguaquiza. Premieres impressions : encore un village desertique esperons qu'il y ait au moins a petit commerce ou se ravitailler. Le premier villageois rencontre nous indiquera un hôtel. Et quelle bonne surprise : les gens sont adorables ici et le gerant de l'hôtel egalement. Ayant pitie de nous, il nous offre son tuyau d'arrosage pour laver nos velos et nous apportera une bassine pour rincer nos vêtements.
Le cinquieme jour, on decide de se reposer une journee dans ce charmant village, attires par les attractions locales. On visitera une grotte incroyable : des drapperies de calcaires, loin de toutes les stalactites connues, avec sa voute en corail on a l'impression que ce sont des algues qui se sont fossilises. D'ailleurs aucunes etudes serieuses n'ont ete realisees pour en connaitre l'origine! En tout cas c'est ce que nous a dit le decouvreur de cette grotte (en 2003 !). On continuera la visite par une grotte rituelle et cimetiere pillee de ses momies depuis que le tourisme est arrive dans la region. Nous finirons par la visite du musee du village rempli de fleches taillees et de poteries, une vraie richesse pour ce petit village. En fin d'aprem, alors que Virginie farniente et se renseigne sur le Chili, Guillaume va observer les vigognes et trouve ses premiers fragments de fleches taillees : Wouhou !
Le sixieme jour, il faut remonter sur la selle des velos parce qu'on est perdu et qu'on n'est pas d'ici (on arrete pas de la dire en ce moment!). Il faudra contourner le volcan qui nous fait barriere, longer le salar sur sa partie sud et atteindre le village de "Colcha K". La route est sympa et les vigognes l'egaient bien, mais la route est merdique et les bosses et le sable l'empirent bien. D'ailleurs, Virginie finira les 10 kilometres avant le village avec un guidon bloque. Nos deux heros qui sont toujours aussi chanceux arrivent a Colcha K pour la semaine de competition sportive : plus de place dans les auberges, l'aubergiste du village d'apres (6km plus loin) et le village d'apres n'a mëme pas d'auberge "Santiago de Chuvica" (6km et une montagne plus loin : Virginie a cru faire pour la troisieme fois la montee du Ventoux et Guillaume a pete son levier de vitesse et une de ses sacoches de velos. Autant dire qu'on etait creve). Finalement une gentille dame nous a propose l'hospitalite et ca nous a redonne la patate. Une journee bien remplie et surement la plus longue.
La septieme et derniere journee de velo. Rapide d'ailleurs, on etait quasi arrive a San Juan. Apres deux heures de velo, grand max on arrive dans la ville etape de nombreuses agences qui proposent des tours sur le salar et le sud Lipez (jusqu'a la frontiere avec le Chili). Le village est fantome : tout le monde est a Colcha K ! Pour l'auberge pas de probleme, mais le seul resto prepare a manger pour les sportifs de Colcha K et nous on mangera des crakers et des boites de thon (le boulanger aussi est a la compet'). On degote rapidement une agence pour nous recuperer avec nos velos jusqu'a la frontiere, mais pas de chance la hausse importante du carburant a fait augmenter les prix (+70% pour l'essence et +80% pour le gasoil). Notre budget est tres serre et nous obligera a renoncer a l'ascension du volcan Licancabur, dommage...
Le huitieme jour, on se paye une journee de repos et d'attente, jusqu'a l'arrivee le soir de notre chauffeur avec 4*4. On a quand meme joue aux des avec les enfants du village, genre de petit moment sympa, dont on se souviendra plus tard. Honte sur nous, ne vous inquietez pas on s'est flagelle. Double honte sur nous, a ne manger que des crakers et du thon, on s'autera sur la bouffe comme des morts de faim sous les yeux rigolards de nos futurs compagnons de voyage (deux irlandais et deux boliviens).
La suite dans le prochain post.
P. S : comme promis, la chanson du voyage (sur l'air de "Bob Morane" d'Indochine)
"Vivi Gut n'ont jamais de doutes, y foncent tetes baissees et reflechissent apres!
Plus de rando, ils achetent des velos : ca fait mal au dos mais c'est rigolo !
A chaque balade, ils s'perdent c'est lamentable. C'est la der' promis...et c'est reparti!
Route de merde et velo de merde et en plus nos deux heros se perdent,
C'etait sans compter l'hospitalite de la gentille dame qui les a sauve!
Route bosselee et toute ensablee, guidon bloque et sacoche trouee,
Tout est oublie devant les vigognes, les volcans colores et les fleches taillees!"
Raaaaah! Des pointes de flèches, des morceaux de céramique!!!
RépondreSupprimerBon, 'fait gaffe à la douane quand même...
Banané à vous deux!
Les bouseux ardéchoix